Le formulaire S1 est un document qui mérite d’être connu des retraités européens qui s’expatrient dans l’UE, EEE ou Suisse. La raison est simple, il vous permet, sous certaines conditions, de faire reconnaître vos droits à l’assurance maladie dans votre nouveau pays de résidence, tout en restant rattaché au régime de santé de votre pays d’origine.
Ceci étant dit, quel est le rôle du formulaire S1 exactement ? Qui peut en bénéficier, comment l’obtenir et quelles sont les démarches à faire ?
Pour être clair, le S1 n’est ni la CEAM (Carte Européenne d’Assurance Maladie), ni une mutuelle privée, mais un dispositif de coordination entre les systèmes de Sécurité sociale européens. Ce document permet de faire le pont entre la Sécurité sociale française, par exemple, et le système de santé du pays européen d’accueil, pour les assurés expatriés comme les retraités, qui conservent leurs droits à la Sécu de leur pays d’origine.
Grâce aux accords européens et au formulaire S1, un pensionné français qui s’installe en Europe peut donc, sous certaines conditions, conserver la France comme pays compétent pour sa couverture santé et s’enregistrer auprès du système de santé local.
Son fonctionnement peut être résumé ainsi :
Lorsque vous utilisez l’assurance maladie locale, c’est l’Etat français qui paye (dans le cas présent d’un retraité expatrié français).
Il n’est donc pas question de « transférer ses droits » d’un pays à l’autre, mais plutôt de la mise en place d’une passerelle entre assurances maladie en évitant une double cotisation (comme vous restez couvert en France également).
En vous installant dans un autre pays européen et en déclarant ce nouveau pays de résidence, vous n’êtes en principe plus redevable de la CSG et CRDS sur vos pensions françaises.
En contrepartie, si le régime français reste responsable de votre couverture, une cotisation d’assurance maladie est prélevée à la source. Elle serait de 3,2 % sur la retraite de base et 4,2 % sur la complémentaire (7,1 % pour les anciens travailleurs indépendants), selon le CLEISS.
La CEAM sert uniquement pour les soins médicalement nécessaires à l’occasion de vacances ou de séjours temporaires en Europe. Tandis que le formulaire S1 s’adresse aux personnes qui s’installent durablement hors de France (ou de leur pays d’origine). Les deux dispositifs ouvrent les portes du système public local, mais ne répondent pas au même besoin.
La CEAM peut toujours vous servir à l’occasion d’un déplacement de courte durée dans un autre pays de l’UE, EEE ou Suisse (et même Royaume-Uni).
Le S1 ne concerne pas automatiquement tous les expatriés européens. En effet, ce n’est pas la nationalité qui détermine les droits, mais le statut de l’assuré, son lieu de résidence et le pays responsable de sa couverture sociale (en pratique, l’origine de vos pensions).
Les retraités concernés sont notamment ceux qui touchent une pension d’un autre pays européen (comme la France), et qui n’ont pas de retraite dans le pays d’accueil par ailleurs. Si vous percevez une pension dans votre pays d’expatriation, le rattachement direct à l’assurance maladie locale est généralement nécessaire ; de même si vous travaillez sur place (selon les règles européennes).
Sont également concernés certains travailleurs détachés ou transfrontaliers, ainsi que les membres de la famille de l’assuré. Dans le cas d’un salarié français détaché, le régime français peut rester compétent et le S1 permet alors l’accès au système de santé du pays de résidence.
Pour un retraité français, tout commence en France, auprès de la caisse de retraite du régime de base (CNAV/Carsat, MSA…) qui verse votre pension et non la CPAM, ce qui peut surprendre. Le formulaire S1 est individuel, il en faut un par personne qui vous accompagne (conjoint et/ou enfants). C’est ensuite la caisse locale qui déterminera s’ils peuvent bénéficier des mêmes droits que vous, selon sa propre législation.
Une fois dans votre pays d’expatriation, il faut présenter le S1 à l’administration locale compétente. Et après l’enregistrement du document par la Sécurité sociale locale, vous devriez avoir accès aux soins comme tout autre résident.
Grâce au S1 vos soins dans le public (privé conventionné) sont pris en charge, mais cela ne constitue pas une couverture universelle pour autant. Le système public local comporte ses propres spécificités : délais pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste ou avoir un médecin de famille, réseau de soins autorisé et parcours de soins à respecter, différents restes à charge (franchises, tickets modérateurs ou équivalents locaux). Mais surtout, selon les pays, l'accès au secteur privé est limité, mal remboursé, voire totalement exclu du régime public.
Pour éviter les contraintes courantes (et récurrentes) du secteur public de nombreux retraités choisissent de compléter leur couverture par une assurance santé privée locale ou internationale.
Il faut bien différencier le S1 (couverture longue durée), de la CEAM (couverture temporaire), mais également d’une assurance santé expatrié. Les deux premiers permettent d’accéder aux soins pris en charge par le régime public ou conventionné, selon les règles du pays concerné. Tandis que l’assurance expat fait référence à une protection plus complète dans le secteur privé, y compris dans le pays d’origine.
Bon nombre de retraités expatriés étudient cette possibilité (ou assurance privée locale), au même titre qu’ils avaient une mutuelle complémentaire dans leur pays d’origine. La meilleure solution dépend avant tout des besoins de santé de chacun.
Pour ce qui est du choix d’une assurance santé expatrié, les bénéfices sont nombreux :
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Le formulaire S1 doit être enregistré auprès de l'organisme de Sécurité sociale du pays de résidence pour ouvrir vos droits publics locaux, dont voici quelques exemples :
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Pays |
Administration / |
Démarche locale |
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Portugal |
Segurança Social (Centro Distrital) |
Attestation d'inscription pour obtenir le Número de Utente au Centro de Saúde. |
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Espagne |
INSS (Instituto Nacional |
Enregistrement du droit, puis délivrance de la Tarjeta Sanitaria au Centro de Salud. |
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Italie |
ASL (Azienda Sanitaria Locale) |
Inscription au SSN et choix du médecin traitant (medico di base). |
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Belgique |
Mutualité / Ziekenfonds |
Inscription libre auprès de la mutuelle publique de votre choix. |
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Allemagne |
Krankenkasse publique |
Choix d'une caisse publique pour l'émission de la carte d'assuré (Gesundheitskarte). |
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Grèce |
EFKA (organisme de sécurité sociale) |
Immatriculation pour accéder aux centres de santé publics du réseau de soins. |
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Royaume-Uni |
NHS Overseas Healthcare Services |
Enregistrement préalable du S1 auprès des services dédiés NHS, puis inscription chez un GP. |
Demander le formulaire S1 à sa caisse de retraite doit faire partie des démarches administratives prioritaires pour un retraité européen qui s’expatrie en UE ou EEE-Suisse. Grâce à ce document, vous bénéficiez a minima de la couverture santé de base locale, et pour une couverture plus complète, la solution d’une assurance privée, locale ou internationale, se discute en fonction de vos habitudes de soins et besoins.