Préparer sa retraite quand on est expatrié

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L'essentiel pour préparer sa retraite

  • Un expatrié doit s’occuper lui-même de sa retraite
  • Il faut consacrer 10% à 20% de ses revenus à la retraite
  • Il est possible de continuer à valider des trimestres avec la CFE
  • Les solutions par capitalisation sont peut-être plus performantes

En quittant la France, finies les cotisations retraite obligatoires. C’est bien, mais ça veut dire aussi qu’un expat doit s’en préoccuper seul et rapidement au risque de ne rien avoir le moment venu. Plusieurs solutions existent.

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Prendre en main sa retraite

Jusqu’à environ 41000 € par an un salarié français cotise à la retraite pour près de 30% de sa rémunération, parts employeur et salarié cumulées, au-delà de 41000 €, le taux est d’environ 27%. Ces sommes considérables ne sont pas mises de côté sur un compte qui lui est attribué mais servent à valider des droits futurs dont il pourra espérer bénéficier plus tard.

En quittant la France, vous cotiserez peut-être dans votre pays d’expatriation. Certains pays ont des conventions bilatérales qui permettent de prendre en compte vos cotisations passées mais c’est rare. Souvent la mobilité internationale risque de ne pas vous permettre de vous constituer une retraite satisfaisante car en cotisant quelques années dans plusieurs pays différents, vous cumulez trop peu de droits dans chaque pays pour percevoir des revenus corrects à la retraite.

Il faudra donc se constituer soi-même une épargne retraite conséquente, capable de vous assurer un revenu d’au moins 50% de votre revenu d’activité.

Si vous vous expatriez sans date de retour prévue, bonne nouvelle, si vous ne vous y prenez pas trop tard, vous n’aurez pas à y consacrer 27 à 30% de vos revenus comme en France. Il faut cependant bien compter 10 à 20%. Vous pourrez commencer petit, à 10% entre 25 et 35 ans puis augmenter progressivement jusqu’à atteindre 20% vers 50 ans. Pour cela vous pourrez utiliser différents supports de capitalisation.

Si vous vous expatriez pour moins de 5 ans, il sera certainement intéressant de cotiser volontairement aux retraites françaises pour éviter d’être pénalisé par des trous de carrière au moment du calcul de votre liquidation de retraite.

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Continuer à cotiser
aux retraites françaises

La retraite CFE

C’est l’équivalent de la retraite de base Sécurité Sociale. La cotisation est volontaire, elle permet de continuer à valider vos trimestres de cotisations. Seuls les salariés peuvent y cotiser.

La cotisation est calculée en fonction du salaire perçu, sur présentation de votre contrat de travail ou de vos trois dernières fiches de paies.

Pour une personne percevant un salaire supérieur au plafond annuel de la Sécurité Sociale (environ 41000 €), la cotisation sera de près de 18% de ce plafond.

Les retraites complémentaires

Un salarié français cotise, en plus de la retraite Sécu, à des caisses de retraites complémentaires cadres ou non-cadres. En cotisant il achète des points qui seront transformés au moment de la retraite en rentes trimestrielles.

Un expatrié peut choisir de continuer à cotiser à ce type de régime de retraite, en complément de la cotisation retraite de la CFE. C’est Humanis, qui gère ce type de caisse de retraite, avec la CRE pour les non-cadres, et l’IRCAFEX pour les cadres.

Jusqu’au plafond de la tranche A, la cotisation sera d’environ 10%, au-delà elle sera d’environ 23%.

Coût total CFE + retraites complémentaires

Ainsi pour un salaire de 60000 € / an, les cotisations retraites seraient de :
- CFE : 7296 €
- Humanis : 4010.76 € + 4291.56 € + 210 € = 8512.32 €
- Soit un total de près de 16000 € / an, soit près de 27% du salaire.

On le voit, cette option, coûte cher. Elle sera donc valable sur une durée de 2 ou 3 ans ou si elle prise en charge par l’employeur dans le cadre de la négociation d’un package d’avantages liés à l’expatriation.

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Pour tout savoir sur la CFE

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Les solutions d'épargne
par capitalisation

Les contrats d’assurance-vie :
C’est le support préféré des français pour préparer leur retraite. L’assurance vie est en fait une enveloppe juridique permettant d’épargner régulièrement et librement des fonds qui seront investis sur différents supports financiers plus ou moins risqués.

Au moment du départ en retraite vous pouvez récupérer le capital accumulé ou une rente ou un mélange des deux. La rente permettra de toucher un revenu régulier jusqu’au décès.

Ces contrats peuvent être souscrits en France, ou au Luxembourg. Les contrats d’assurance vie luxembourgeois bénéficient d’un droit encore plus protecteur pour l’assuré qu’en France. Ils peuvent être intéressants pour des épargnes supérieures à 300000 €.

Les comptes titres :
C’est un compte qui permet d’investir dans des actions en direct mais aussi dans des FCP, Sicav ou d’autres produits de valeurs mobilières. Ce compte peut être ouvert dans une banque ou chez un courtier.

L’immobilier :
La pierre reste un placement de choix pour préparer sa retraite, d’autant que l’on peut l’associer à un prêt dont les échéances sont payées par les loyers pour acquérir des biens ayant une valeur supérieure à celle de l’apport. Attention toutefois à la fiscalité française des loyers. Elle est au minimum de 35% des revenus locatifs perçus en France pour les personnes habitant hors UE.

L’investissement peut aussi se faire à l’étranger si vous connaissez bien le marché. Dans ce cas, le recours à un emprunt local sera peut-être possible mais attention aux taux variables. Dans de très nombreux pays, les prêts à taux fixes n’existent pas. Vous pouvez commencer un crédit avec un taux à 1.5% et le voir passer à 3, 4 ou 5% les années suivantes. Pour rappel, c’était une des conséquences de la crise des subprimes en 2008.

Les SCPI :
Ce sont des parts d’investissements immobiliers. Elles permettent donc d’investir dans la pierre sans avoir à mobiliser des sommes importantes, ni à gérer les biens et les locataires. Elles présentent l’avantage de pouvoir être achetées en partie à crédit mais présentent deux inconvénient pour les expats : les revenus sont considérés comme des revenus locatifs et imposés comme tel à 35% ; elles sont très peu liquides.

Le jour où vous voudrez vendre vos parts, il faudra trouver un acheteur. Si elles ne sont pas parmi les plus performantes du marché, ça pourra être compliqué. Il faudra peut-être accepter une décote sur la valeur initiale.

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Comment choisir sa banque

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